
Dépasser la peur de jouer en public : le guide complet pour musiciens et artistes
- Cedric KTORZA
- il y a 4 jours
- 11 min de lecture

La peur de jouer en public peut gâcher le plaisir de la musique.
Si vous êtes musicien, chanteur, comédien ou artiste de scène et que le trac prend trop de place, vous êtes loin d’être un cas isolé. Les troubles anxieux comptent parmi les problèmes de santé mentale les plus fréquents dans le monde, avec plus de 359 millions de personnes concernées par un trouble anxieux en 2021 selon l’OMS.who.int Chez les musiciens, plusieurs études montrent qu’une proportion importante souffre d’anxiété de performance, parfois au point d’éviter les concerts ou auditions.cambridge.org
Dans cet article, nous allons voir comment comprendre cette peur, la reconnaître, et surtout comment la dépasser, notamment grâce à un accompagnement adapté comme l’hypnose spécialisée pour musiciens.
Comprendre la peur de jouer en public
Le trac normal vs l’anxiété de performance
Ressentir une montée de stress avant d’entrer sur scène est normal. Ce trac « sain » correspond à une activation de votre système nerveux qui peut même améliorer la concentration et l’énergie musicale. On parle d’anxiété de performance quand :
la peur est intense et persistante,
les symptômes physiques deviennent difficiles à gérer (tremblements, mains moites, trou de mémoire…),
vous commencez à éviter les prestations ou à les vivre comme un calvaire.
Une grande revue de la littérature publiée en 2019 estime que la prévalence de l’anxiété de performance musicale chez les professionnels se situe entre 16,5 % et 60 %, selon les critères retenus.cambridge.org Autrement dit : vous n’êtes vraiment pas seul.
Ce qui se passe dans le corps et le cerveau
Quand vous anticipez un concert, une audition ou une prise de parole, votre cerveau interprète parfois la situation comme un danger. Il déclenche alors la réponse de « combat–fuite–inhibition » :
Physique : accélération du cœur, respiration courte, tensions musculaires, mains froides, transpiration, boule au ventre.
Émotionnel : peur du jugement, honte, colère, découragement.
Cognitif : pensées catastrophistes (« je vais tout rater », « ils vont voir que je suis nul(le) »), trous de mémoire, difficulté à se concentrer.
L’enjeu n’est donc pas de supprimer toute émotion, mais d’apprendre à reprogrammer la réponse automatique face au public pour que le système nerveux reste dans une activation utile, et non paralysante.
Pourquoi les musiciens sont particulièrement concernés
La musique et le spectacle vivant exposent à des conditions particulières :
évaluation permanente (concours, auditions, castings, critiques),
fort niveau d’exigence technique et artistique,
pression financière chez les intermittents,
culture du perfectionnisme dans certains milieux (classique, jazz, danse…),
exposition sur les réseaux sociaux, avec la peur du « bad buzz ».
Une étude menée auprès de musiciens brésiliens a par exemple retrouvé des indicateurs d’anxiété de performance chez environ 24 % des musiciens, et des taux encore plus élevés chez les professionnels que chez les amateurs.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
Les causes fréquentes de la peur de se produire sur scène
Expériences passées et conditionnements
Notre cerveau apprend très vite. Une seule expérience vécue comme un « échec » peut laisser une empreinte durable :
une prestation ratée vécue devant un professeur ou un public sévère,
une humiliation (« tu n’es pas fait pour la scène »),
un trou de mémoire au concours,
des critiques familiales répétées.
Sans travail spécifique, ces souvenirs restent associés à des émotions très fortes. Ils se réactivent chaque fois que vous vous retrouvez dans un contexte similaire, même des années plus tard. L’hypnose est justement un des outils qui permet de revisiter ces scènes pour en modifier la charge émotionnelle.
Perfectionnisme, peur de l’erreur et du jugement
Beaucoup de musiciens et d’artistes ont un perfectionnisme très marqué. Il pousse à s’entraîner, mais il se retourne contre vous quand :
la moindre erreur devient « inadmissible »,
vous focalisez sur le risque d’échec plus que sur le plaisir de jouer,
vous confondez la valeur de la personne et la qualité de la prestation.
Pour le cerveau, la scène devient alors une sorte de tribunal. Le travail thérapeutique, en hypnose ou en thérapie brève, vise souvent à recadrer ces exigences et à reconstruire une image de soi plus souple.
Croyances limitantes propres aux artistes
Voici quelques croyances très fréquentes chez les musiciens :
« Un vrai artiste doit être parfait sur scène. »
« Si j’ai le trac, c’est que je ne suis pas fait pour ce métier. »
« Les autres y arrivent naturellement, pas moi. »
« Si je me plante une fois, ma carrière est finie. »
Ces croyances ne sont pas des faits, mais elles influencent très fortement le ressenti. En état hypnotique, il devient possible de les mettre à distance, de les tester, puis de les remplacer par des représentations plus justes et plus aidantes.
Reconnaître quand la peur devient un frein
Signes d’une anxiété de performance handicapante
La peur de jouer en public mérite une attention particulière si vous constatez :
un évitement répété (refus de concerts, auditions, masterclasses),
des symptômes physiques intenses (nausées, vertiges, crise de panique) avant ou pendant la prestation,
des ruminations prolongées (« je repasse la scène en boucle pendant des jours »),
une perte de plaisir de jouer, voire l’idée d’abandonner la musique,
le recours systématique à l’alcool, aux médicaments ou à d’autres substances pour « tenir le coup ».
Dans ces situations, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un professionnel (médecin, psychologue, hypnothérapeute formé, etc.).
Conséquences sur la carrière et le plaisir de jouer
Une anxiété de performance non prise en charge peut entraîner :
un ralentissement voire un blocage de carrière (auditions évitées, concours annulés),
une autocensure artistique (on ne propose plus de projets exigeants),
une fatigue mentale et émotionnelle intense,
parfois des symptômes anxieux ou dépressifs plus larges.
Plus largement, l’OMS rappelle qu’environ un milliard de personnes vivent avec un trouble psychique, anxiété et dépression en tête, avec un impact majeur sur la qualité de vie et la capacité à travailler.who.int Chez l’artiste, cet impact touche directement la créativité et le lien au public.
Tableau : trac sain ou anxiété de performance ?
Aspect | Trac sain | Anxiété de performance handicapante |
|---|---|---|
Intensité du stress | Modérée, gérable | Forte à très forte, impression de « perdre le contrôle » |
Symptômes physiques | Cœur qui bat plus vite, énergie, concentration accrue | Tremblements, douleurs, nausées, blocage respiratoire, parfois crise de panique |
Pensées | « Je veux bien faire », légère appréhension | « Je vais rater », « ils vont se moquer », catastrophes imaginées |
Impact sur la performance | En général neutre ou légèrement positif | Erreurs inhabituelles, pertes de moyens, envie de fuir la scène |
Après la prestation | Relâchement, fierté ou satisfaction globale | Vergogne, ruminations, auto-critique sévère, parfois envie d’abandonner |
Stratégies concrètes pour mieux gérer le trac
Les conseils ci-dessous peuvent déjà vous aider à reprendre un peu de contrôle. Ils ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, mais constituent une base de travail.
Préparer son corps : respiration, ancrage, routines
Avant la scène, votre corps est votre premier allié :
Respiration lente et profonde : inspirez par le nez, soufflez longuement par la bouche, plusieurs fois. L’objectif est de rallonger l’expiration pour calmer le système nerveux.
Ancrage physique : sentez le contact de vos pieds avec le sol, du dos avec le dossier, du poids de l’instrument dans vos mains.
Rituel de préparation : quelques gestes toujours identiques (boire une gorgée d’eau, s’étirer, jouer une courte phrase familière) signalent à votre cerveau que « ça va bien se passer ».
L’hypnose permet souvent de transformer ces routines en réponses automatiques de calme, déclenchées dès que vous entrez dans les coulisses.
Travailler ses pensées avant d’entrer sur scène
Une partie du trac vient de ce que vous vous dites intérieurement. Quelques pistes :
Remplacez « je dois être parfait » par « je vais partager ma musique du mieux que je peux aujourd’hui ».
Visualisez le public comme un allié, curieux de vous découvrir, plutôt que comme un jury.
Rappelez-vous des prestations réussies, même petites, pour nourrir votre confiance.
En séance d’hypnose, ce travail de visualisation et de reformulation est amplifié par l’état de focalisation, ce qui facilite l’intégration de nouveaux réflexes mentaux.
Gérer le moment juste avant et pendant la prestation
Dans les minutes qui précèdent la montée sur scène :
Évitez de vérifier encore et encore les passages difficiles : faites confiance au travail réalisé.
Ramenez votre attention sur des repères concrets : le premier geste, la première phrase musicale, le contact avec le public.
Autorisez-vous à jouer les premières minutes « en mode service minimum » (sans chercher l’exploit), le temps que le trac redescende.
Beaucoup d’artistes constatent qu’après quelques instants, le corps « reprend ses marques ». L’objectif du travail en profondeur (dont l’hypnose fait partie) est de raccourcir cette phase et de la rendre moins douloureuse.
Après la prestation : transformer l’auto-critique en apprentissage
Après un concert, il est tentant de ne voir que ce qui n’a pas été. Pour dépasser la peur de jouer en public, il est important de rééquilibrer le regard :
Commencez par lister ce qui a bien fonctionné (au moins 3 points).
Transformez les « échecs » en pistes de travail concrètes (« je vais retravailler ce passage lentement », « je testerai une autre organisation de ma journée »).
Si l’émotion est trop forte, reportez l’analyse détaillée à plus tard, une fois calmé.
En hypnose, on peut aussi revenir sur des concerts passés pour les revisiter avec un autre point de vue, moins sévère et plus constructif.
Pourquoi l’hypnose aide à dépasser la peur de jouer en public
Comprendre ce qu’est vraiment l’hypnose
L’hypnose thérapeutique n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Il s’agit d’un état de conscience modifié, naturel, que nous expérimentons déjà lorsque nous sommes très absorbés par la musique, un film ou une activité. En séance, cet état est utilisé pour :
accéder plus facilement aux automatismes (émotionnels, corporels, mentaux),
revisiter certaines expériences (échecs, critiques) en sécurité,
installer de nouveaux réflexes plus adaptés : calme, confiance, plaisir de jouer.
Ce que peut travailler un accompagnement en hypnose
Selon les personnes, les axes de travail peuvent inclure :
la désactivation de souvenirs douloureux liés à la scène,
la reconstruction d’une image de soi plus solide en tant qu’artiste,
l’installation de rituels internes de préparation (visualisations, ancrages sensoriels),
la transformation des pensées automatiques de type « catastrophe » en scénarios plus réalistes.
Des revues récentes sur les interventions pour l’anxiété de performance musicale montrent des résultats encourageants pour différentes approches, dont la thérapie cognitive-comportementale, l’ACT, la pleine conscience, le yoga, la réalité virtuelle et l’hypnothérapie, même si la recherche est encore en développement.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
Hypnose vs solutions de « contrôle rapide »
De nombreux musiciens ont recours à des solutions rapides pour gérer le stress : alcool, médicaments anxiolytiques, bêta-bloquants, cannabis, etc. Une étude récente retrouve par exemple que plus de la moitié des musiciens interrogés utilisent des bêta-bloquants pour certaines auditions ou concerts.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov Ces produits peuvent avoir un intérêt dans certains cas, mais toujours sous supervision médicale, et ils ne règlent pas la cause profonde de la peur.
L’hypnose s’inscrit plutôt dans une démarche de changement durable : elle vise à modifier la façon dont votre cerveau associe « public » et « danger », pour que la scène devienne progressivement un espace de jeu, et non de survie.
À quoi peut ressembler un accompagnement personnalisé
Concrètement, un accompagnement centré sur la peur de jouer en public peut comporter :
un temps d’échange pour comprendre votre histoire avec la scène,
des séances d’hypnose pour travailler sur les souvenirs, les croyances et les automatismes corporels,
des exercices simples à tester entre les rendez-vous (sans entrer dans un protocole d’auto-hypnose complexe),
un suivi autour de vos concerts ou auditions afin de ajuster progressivement la stratégie.
L’important est que le professionnel connaisse la réalité du métier de musicien ou d’artiste, ses codes, ses contraintes et ses enjeux émotionnels.
Quand et vers qui se faire aider ?
Les signaux qu’il est temps de consulter
Il est raisonnable de chercher de l’aide lorsque :
la peur vous empêche d’accepter des opportunités importantes,
vous souffrez plusieurs jours avant et après chaque prestation,
vous développez des conduites d’évitement ou de compensation (substances, isolement),
votre entourage remarque que vous « changez » à l’approche des concerts,
vous vous sentez dépassé(e) malgré tous vos efforts rationnels.
Consulter n’est pas un aveu de faiblesse : c’est une manière de protéger votre santé mentale et votre carrière.
Choisir un professionnel qui connaît la scène
Pour travailler spécifiquement sur la peur de jouer en public, vous pouvez vous orienter vers un(e) hypnothérapeute, psychologue ou autre professionnel de la relation d’aide, en vérifiant sa formation et son expérience.
Un accompagnement par quelqu’un qui connaît bien le milieu des musiciens et des artistes permet souvent de gagner du temps : pas besoin d’expliquer la différence entre une audition d’orchestre, un concert en solo ou un plateau télé. Vous pouvez découvrir un accompagnement spécialisé en hypnose pour musiciens et artistes en visitant le site Hypnose du Musicien, et, si vous le souhaitez, prendre contact pour échanger sur votre situation.
Questions fréquentes sur la peur de jouer en public
Comment ne plus avoir le trac avant un concert ?
L’objectif réaliste n’est pas de supprimer totalement le trac, mais de le ramener à un niveau utile. Une bonne préparation instrumentale, une hygiène de vie correcte avant le concert (sommeil, alimentation, limitation des excitants) et des rituels simples de respiration et d’ancrage peuvent déjà réduire significativement la tension. Le travail sur les pensées automatiques et les souvenirs difficiles, par exemple en hypnose, aide ensuite à modifier la manière dont votre cerveau anticipe la scène. Peu à peu, vous apprenez à cohabiter avec le trac plutôt qu’à le subir.
La peur de jouer en public peut-elle disparaître complètement ?
Certaines personnes constatent après un travail en profondeur que leur peur intense s’est transformée en une simple excitation avant de jouer. Pour d’autres, il reste une appréhension ponctuelle, mais beaucoup plus gérable, qui ne les empêche plus de se produire. Tout dépend de votre histoire, de votre sensibilité et du temps que vous consacrez à ce travail. L’important n’est pas tant de viser « zéro trac » que d’atteindre un état où vous pouvez vous exprimer librement sur scène et accepter que l’imperfection fait partie de l’art vivant.
Hypnose et peur de jouer en public : est-ce que ça marche vraiment ?
La recherche scientifique sur l’anxiété de performance musicale est en plein développement. Des revues récentes montrent que plusieurs approches psychologiques, dont l’hypnothérapie, peuvent réduire significativement les niveaux d’anxiété et améliorer le vécu des musiciens, même si les études restent encore limitées en nombre et en taille d’échantillon.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov En pratique, beaucoup d’artistes témoignent d’un meilleur contrôle de leur trac, d’une plus grande liberté sur scène et d’un rapport plus apaisé au public après quelques séances. Le plus sûr est d’en parler avec un professionnel pour voir si cette approche vous convient.
Combien de temps faut-il pour être plus à l’aise sur scène ?
La durée du changement varie beaucoup d’une personne à l’autre. Certains ressentent un mieux dès les premières séances, notamment sur les symptômes physiques (respiration, tremblements, tension musculaire). Pour d’autres, il faut un travail plus progressif sur l’estime de soi, les croyances et les souvenirs difficiles liés à la scène. Le plus important est de définir un objectif concret (par exemple, être capable de passer une audition dans trois mois) et de mettre en place un accompagnement et des entraînements cohérents avec cette échéance, plutôt que de chercher une « solution miracle » immédiate.
Est-il normal de prendre des bêta-bloquants pour jouer en public ?
De nombreux musiciens utilisent des médicaments (comme les bêta-bloquants) pour diminuer certains effets physiques du trac, en particulier lors des auditions ou des concerts très exposés.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov Leur usage doit toujours être discuté avec un médecin, qui évaluera le bénéfice, les contre-indications et le dosage adapté. Même quand la prise de médicaments peut se justifier, elle ne remplace pas un travail de fond sur les causes de la peur. Un accompagnement psychologique ou en hypnose permet de réduire la dépendance à ces solutions ponctuelles et de retrouver davantage d’autonomie.
Et maintenant ?
Dépasser la peur de jouer en public est un chemin, pas un examen à réussir du premier coup. Vous pouvez déjà commencer par observer vos réactions, mettre en place quelques routines simples et, surtout, sortir de l’isolement en parlant de ce que vous vivez. Si vous souhaitez être accompagné(e) par un professionnel qui connaît l’univers des musiciens et des artistes, vous pouvez visiter le site Hypnose du Musicien et prendre contact pour échanger sur votre situation, vos objectifs et les possibilités d’un travail en hypnose adapté à votre parcours.






