
Gérer le trac avant une scène grâce à l’hypnose : guide complet pour artistes et musiciens
- Cedric KTORZA
- il y a 2 jours
- 9 min de lecture

Monter sur scène ne devrait pas être un combat contre soi-même. Cet article explique comment l’hypnose peut vous aider à apprivoiser le trac, retrouver du plaisir à jouer et sécuriser votre trajectoire artistique.
Qu’il s’agisse d’un concert, d’une audition, d’un casting ou d’un spectacle, le stress de performance peut aller d’un simple « coup de boost » à une véritable panique paralysante. Les recherches récentes estiment que les formes handicapantes d’anxiété de performance musicale touchent entre 16,5 % et 60 % des musiciens, avec un impact réel sur la qualité de jeu et la carrière. mdpi.com
L’objectif ici n’est pas de vous apprendre l’auto-hypnose en quelques lignes, mais de clarifier ce que l’hypnose peut faire pour vous et comment un accompagnement professionnel spécialisé, comme celui proposé par Hypnose du musicicien, peut transformer votre rapport à la scène.
Comprendre le trac de scène pour mieux le transformer
Le trac : un mécanisme normal… jusqu’à un certain point
Le trac est, à la base, une réaction de stress normale : le corps se prépare à une situation jugée importante. Rythme cardiaque qui accélère, attention focalisée, légère tension musculaire peuvent même améliorer la performance… tant que l’activation reste dans une zone « supportable ».
On parle de trac handicapant lorsqu’il devient si intense qu’il dégrade clairement le jeu : trous de mémoire, gestes tremblants, difficultés respiratoires, impossibilité de se concentrer sur la musique. Plusieurs études montrent qu’une partie non négligeable des musiciens en arrivent à éviter auditions, concours ou opportunités majeures à cause de cet état. mdpi.com
Signes fréquents du trac paralysant chez les artistes
Les symptômes varient, mais on retrouve souvent :
Physiques : mains moites ou glacées, tremblements, bouche sèche, palpitations, tensions dans les épaules, respiration courte.
Mentaux : ruminations (« je vais me planter », « ils vont voir que je suis nul·le »), difficulté à se concentrer sur la partition ou le texte, anticipations catastrophiques.
Comportementaux : arrivées très en avance ou au contraire à la dernière minute, besoin de tout contrôler, stratégies d’évitement (refus de concerts, d’auditions, de solos).
Ces manifestations s’inscrivent souvent dans le cadre plus large de l’anxiété sociale de performance, aujourd’hui reconnue dans les classifications psychiatriques modernes. mdpi.com
Quand le trac mène aux béta-bloquants (et pourquoi ce n’est pas toujours suffisant)
Face à cette pression, de nombreux artistes se tournent vers les médicaments, notamment les bêta-bloquants. Une enquête publiée en 2024 montre que 57 % des musiciens interrogés en prennent pour les auditions et 51 % pour les concerts. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
Ces médicaments peuvent réduire certains symptômes physiques (tremblements, tachycardie), mais ils n’agissent ni sur :
les croyances profondes (« je ne suis pas assez bon·ne »),
les scénarios catastrophes répétés mentalement,
la relation à soi, au public, à l’erreur.
C’est précisément sur ces dimensions que l’hypnose peut offrir un changement durable.
Comment l’hypnose aide à gérer le trac avant une scène
L’hypnose, concrètement, c’est quoi ?
Loin des clichés de spectacle, l’hypnose utilisée en accompagnement thérapeutique ou de performance est un état modifié de conscience, à mi-chemin entre veille et rêve. Vous restez conscient, mais votre attention se focalise sur l’intérieur (sensations, images, souvenirs, projections) plutôt que sur l’extérieur.
De nombreuses études, dans des contextes médicaux variés (douleurs, interventions, anxiété), montrent que l’hypnose peut réduire significativement l’anxiété et la perception de stress, souvent en complément d’autres approches. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov Même si les travaux ciblés spécifiquement sur les musiciens restent encore peu nombreux, les mécanismes impliqués (gestion de la peur, du corps, des pensées) sont comparables.
Agir sur les trois dimensions du trac grâce à l’hypnose
Le trac s’exprime sur trois plans principaux ; un accompagnement spécialisé en hypnose va travailler sur chacun d’eux :
Physiologique : apprendre au corps à repasser vers un mode « calme, centré » plutôt que « alerte, danger » à l’approche de la scène (respiration, détente, ancrages de sécurité).
Émotionnel : transformer la peur panique du jugement en une excitation plus neutre, voire en plaisir d’être en lien avec le public.
Cognitif : modifier les auto-discours et croyances limitantes (« si je fais une erreur, tout est foutu ») qui alimentent l’angoisse.
En hypnose, on travaille souvent avec des métaphores, images mentales et scénarios : par exemple, se revoir sur scène en se sentant stable, concentré·e, libre dans son jeu, et associer cet état à des repères corporels (respiration, posture, geste discret). L’idée n’est pas de « gommer » le trac, mais de le rendre gérable et utile.
Trac « normal » vs trac handicapant : repères pratiques
Trac « normal » vs trac handicapant : signes clés
Aspect | Trac utile / normal | Trac handicapant / pathologique |
|---|---|---|
Intensité physique | Légère accélération du cœur, vigilance accrue, énergie disponible pour jouer | Palpitations fortes, mains qui tremblent, souffle coupé, impression de perdre le contrôle |
Impact sur le jeu | Légère tension au début, puis le jeu se stabilise ou se bonifie | Erreurs inhabituelles, trous de mémoire, incapacité à exprimer le travail réel |
Avant la scène | Stress modéré, focalisé sur la préparation, motivation présente | Anticipations catastrophiques, ruminations plusieurs jours/semaines avant, insomnies |
Après la scène | Relâchement, analyse nuancée, désir de refaire | Auto-critique violente, honte, envie d’arrêter concerts/auditions |
Comportements | Recherche de conditions de jeu confortables, mais maintien des projets | Évitement d’auditions, de solos, de concours, annulations répétées |
Si vous vous reconnaissez plutôt dans la colonne « handicapant », un travail d’accompagnement (dont l’hypnose fait partie) devient pertinent.
À quoi ressemble un accompagnement en hypnose pour les artistes ?
Un travail sur mesure, centré sur votre réalité de scène
Un accompagnement en hypnose pour musiciens, comédiens ou danseurs commence généralement par un temps d’échange approfondi :
Votre parcours (formation, type de pratique, projets),
Les situations les plus problématiques (auditions, premiers pupitres, solos, improvisations, castings, tournées…),
Votre manière actuelle de gérer le trac (rituels, automédication, évitement, perfectionnisme…),
Ce que vous souhaitez changer précisément (moins de tremblements, plus de plaisir, oser se lancer sur certains projets, etc.).
À partir de là, les séances sont adaptées : on ne travaille pas de la même manière avec une violoniste soliste qu’avec un batteur de rock, un acteur de théâtre ou une chanteuse lyrique. Le répertoire, le type de salle, la manière dont vous entendez votre son sont intégrés au travail hypnotique.
Quelques axes de travail possibles en hypnose
Voici des exemples d’objectifs fréquemment abordés en séance (la liste n’est pas exhaustive) :
Apprivoiser les sensations physiques : transformer les signes du stress en signaux d’activation positive, apprendre à « laisser passer » les sensations plutôt que de les combattre.
Modifier le dialogue intérieur : remplacer les auto-critiques paralysantes par des pensées plus réalistes et soutenantes, adaptées à la performance.
Reprogrammer la mémoire de la scène : revisiter en hypnose certaines expériences difficiles pour qu’elles cessent de se rejouer en boucle avant chaque nouveau concert.
Installer des « ancrages » ressources : associer un geste discret, une posture ou une respiration à un état de calme ou de confiance afin de pouvoir y accéder juste avant et pendant la scène.
Redéfinir la relation au public : passer d’un ressenti « tribunal qui juge » à celui d’un partenaire de jeu avec qui l’on partage un moment artistique.
Chaque praticien a sa manière de travailler, mais un point reste central : vous gardez le contrôle pendant toute la séance, vous pouvez parler, poser des questions, et adapter le rythme.
Conseils concrets avant une scène (en complément de l’hypnose)
Aucune astuce ne remplace un travail de fond, mais certains repères peuvent déjà rendre vos prochaines prestations plus vivables. Ils s’intègrent très bien aux outils installés en hypnose.
Préparer le corps : un allié sous-estimé
Rituel corporel simple (5–10 minutes) : quelques étirements doux, mobilisation des épaules, de la nuque, des mains ou du diaphragme selon votre discipline.
Respiration basse : inspirer par le nez, laisser le ventre se gonfler légèrement, expirer plus longtemps que l’inspiration. Faire 5–10 cycles avant d’entrer sur scène.
Limiter les excitants (café, boissons énergisantes) dans l’heure qui précède : ils accentuent les tremblements et la tachycardie.
Ces gestes deviennent encore plus efficaces lorsque vous les associez, en séance d’hypnose, à des images et des ressentis de calme et de confiance.
Anticiper différemment mentalement la scène
Juste avant une échéance, l’esprit a tendance à se focaliser sur « et si ça tourne mal ». Plutôt que d’essayer de ne pas y penser (ce qui ne marche presque jamais), vous pouvez :
Revenir au concret : repérer mentalement les repères de la salle, le chemin vers votre place, les premières mesures.
Vous fixer un objectif de processus plutôt que de résultat : « rester à l’écoute des autres », « respirer à chaque phrase », « prendre le temps de sentir le poids de l’archet », etc.
Réduire l’exposition mentale aux scénarios catastrophes en limitant, par exemple, la consultation compulsive de vidéos parfaites d’autres artistes juste avant votre performance.
En hypnose, ce travail d’anticipation est approfondi et personnalisé ; les séances permettent d’installer de nouvelles « routes automatiques » dans la façon dont votre cerveau prépare la scène.
Ce que disent les recherches sur l’anxiété de performance et les approches thérapeutiques
Un enjeu majeur pour la santé mentale des artistes
Une revue systématique récente estime que l’anxiété de performance musicale peut être réellement invalidante pour une proportion importante de musiciens, certains allant jusqu’à quitter la profession ou leurs études en musique à cause du stress de scène. mdpi.com
Ce phénomène ne touche pas que « les débutants » : des études menées dans des conservatoires supérieurs et auprès de professionnels montrent des niveaux élevés de stress, de perfectionnisme et parfois de symptômes dépressifs associés. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
Où se situe l’hypnose parmi les autres approches ?
Les interventions étudiées pour l’anxiété de performance incluent notamment :
la thérapie cognitivo-comportementale (TCC),
les techniques de relaxation,
la pleine conscience,
les entraînements à la performance simulée,
et, plus ponctuellement, l’hypnose ou les techniques apparentées.
Des travaux récents décrivent l’hypnose comme une option complémentaire prometteuse pour réduire l’anxiété et améliorer la gestion du stress dans divers contextes cliniques. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov Concernant spécifiquement les artistes, la littérature scientifique est encore en développement, mais les mécanismes observés (modulation des réponses émotionnelles et corporelles) sont directement pertinents pour la scène.
L’enjeu, pour vous, est surtout de trouver une combinaison d’outils et d’accompagnements alignée avec votre réalité artistique et votre sensibilité. Un suivi en hypnose spécialisé « musiciens et artistes » vient s’articuler avec ce que vous faites déjà (travail instrumental, coaching vocal, préparation mentale, etc.).
FAQ : hypnose et trac avant une scène
L’hypnose peut-elle vraiment faire disparaître mon trac avant un concert ?
L’objectif réaliste n’est pas de faire disparaître toute trace de stress, mais de transformer un trac paralysant en une activation gérable qui ne nuit plus à votre jeu. Beaucoup d’artistes rapportent, après un travail en hypnose, se sentir plus présents à la musique, au geste, au partenaire de scène, et moins absorbés par la peur du jugement. L’intensité et la vitesse d’évolution dépendent de votre histoire, de votre pratique et de la profondeur du problème ; c’est pour cela qu’un accompagnement personnalisé est privilégié.
Combien de séances d’hypnose faut-il pour calmer le trac ?
Il n’existe pas de nombre « magique » de séances : certains artistes ressentent des changements après quelques rencontres, d’autres ont besoin d’un suivi plus long, surtout si le trac est ancien ou lié à des expériences difficiles répétées. En pratique, on peut souvent envisager un premier cycle de quelques séances centrées sur une échéance précise (concert, audition, examen), puis ajuster en fonction de vos retours et de vos besoins. L’hypnose est une approche généralement brève ; elle vise à vous rendre de plus en plus autonome dans la gestion de votre état sur scène.
L’hypnose pour artistes fonctionne-t-elle si j’ai déjà essayé d’autres méthodes (TCC, sophrologie, coaching) ?
Oui, l’hypnose peut être complémentaire d’autres approches. Si vous avez déjà travaillé en TCC ou avec un coach scénique, vous avez probablement acquis des outils cognitifs ou comportementaux utiles. L’hypnose permet souvent d’agir à un autre niveau : les images, sensations, automatismes profonds qui se déclenchent malgré vous à l’approche de la scène. L’important est de partager avec le praticien ce que vous avez déjà essayé, ce qui vous a aidé ou non, afin de construire un accompagnement qui s’appuie sur vos acquis au lieu de les dupliquer.
Est-ce que je garde le contrôle pendant une séance d’hypnose ?
Oui. En hypnose thérapeutique ou de performance, vous restez conscient de ce qui se passe, vous pouvez parler, bouger, poser des questions et refuser une suggestion si elle ne vous convient pas. L’état hypnotique ressemble davantage à une concentration intérieure très focalisée qu’à un « sommeil ». Les séances se construisent en dialogue : le praticien propose, vous ajustez. Cette collaboration est particulièrement importante dans le cadre artistique, où l’on cherche à respecter votre personnalité, votre style de jeu et votre sensibilité plutôt qu’à vous imposer un « moule » standard de confiance.
L’hypnose est-elle compatible avec un traitement médicamenteux contre l’anxiété ?
En règle générale, l’hypnose est compatible avec un traitement médicamenteux, mais il est indispensable d’en parler à votre médecin référent. Les bêta-bloquants ou anxiolytiques que certains artistes utilisent avant les concerts agissent surtout sur le corps, alors que l’hypnose travaille davantage sur les perceptions, les émotions et les pensées. Les deux approches peuvent coexister, avec un suivi médical approprié. Dans l’idéal, l’accompagnement hypnotique vous aide, à terme et en accord avec votre médecin, à réduire la dépendance aux médicaments lorsque c’est possible et sécuritaire pour vous. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
Et maintenant ? Vers un rapport plus serein à la scène
Si vous avez le sentiment de ne plus montrer sur scène la réalité de votre travail, de jouer « en dessous de vos moyens » à cause du trac, ou de refuser des opportunités par peur de ne pas tenir le coup, il est probablement temps de vous faire accompagner.
Un travail en hypnose spécialisé pour les musiciens, artistes et intermittents du spectacle peut vous aider à retrouver le fil : celui du plaisir de jouer, de la sécurité intérieure et de la liberté d’expression. Pour aller plus loin, découvrir l’approche proposée et envisager un accompagnement adapté à votre situation, vous pouvez visiter le site de Hypnose du musicien et prendre contact pour en discuter.






