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Pourquoi le trac touche autant les musiciens (et comment l’apaiser)

  • Cedric KTORZA
  • il y a 3 jours
  • 9 min de lecture
Gros plan photo-réaliste d’un musicien anxieux en coulisses, serrant son violon avant de monter sur scène, illustrant clairement pourquoi le trac touche autant les musiciens juste avant le concert.

Le trac n’est pas un caprice, c’est un réflexe de survie qui s’emballe.

Chez les musiciens, ce réflexe est particulièrement fréquent, parce que jouer ou chanter en public combine plusieurs ingrédients explosifs : exposition du corps, du son et de l’identité artistique, forte exigence technique, jugement du public et des pairs, enjeux de carrière. De nombreuses études montrent ainsi que l’anxiété de performance musicale (souvent appelée « music performance anxiety ») touche une proportion importante de musiciens, amateurs comme professionnels, parfois jusqu’à des niveaux handicapants pour la carrière.frontiersin.org

Cet article vous explique pourquoi le trac est si répandu chez les musiciens, comment il fonctionne dans le cerveau et le corps, ce qui le rend parfois envahissant, et en quoi un accompagnement en hypnose spécialisé peut vous aider à retrouver du plaisir sur scène.

Qu’appelle‑t‑on vraiment « trac » chez le musicien ?

On utilise souvent « trac », « anxiété de scène » ou « anxiété de performance musicale » comme des synonymes. Dans la littérature scientifique, on parle plutôt de music performance anxiety (MPA) : une appréhension persistante liée au fait de jouer devant un public, accompagnée de symptômes physiques, émotionnels et mentaux, pouvant altérer la qualité de la performance.frontiersin.org

Cette anxiété se manifeste typiquement :

  • Physiquement : cœur qui s’emballe, mains qui tremblent, sueurs, gorge serrée, respiration courte, jambes molles.

  • Émotionnellement : peur intense de rater, honte anticipée, impression de ne pas être à la hauteur.

  • Sur le plan mental : ruminations, perfectionnisme extrême, scénarios catastrophes (« si je rate, ma carrière est finie »).

  • Comportementalement : évitement des auditions, refus de solos, annulations de concerts au dernier moment.

À petite dose, ce trac peut être stimulant. Quand il devient disproportionné par rapport au niveau réel de préparation et de compétence, on parle d’anxiété de performance problématique.

Pourquoi le trac touche‑t‑il autant les musiciens ?

Un cerveau programmé pour la survie, pas pour la scène

Notre cerveau est conçu pour détecter les menaces et nous protéger. Devant un public, il peut interpréter l’évaluation sociale comme un danger : « si je suis rejeté, je suis en danger ». Le système de stress s’active (adrénaline, cortisol), préparant le corps à fuir ou se battre… pas à jouer un pianissimo parfaitement contrôlé.

Chez le musicien, ce conflit est permanent :

  • Le corps se prépare au mouvement brutal, à la fuite.

  • La pratique musicale exige précision, finesse, régularité du geste.

Résultat : tremblements, trous de mémoire, gestes moins précis, respiration désorganisée – tous des effets classiques du trac.

Une identité personnelle profondément en jeu

Pour beaucoup de musiciens, la musique n’est pas qu’un métier ou un hobby : c’est une part centrale de leur identité. Une étude sur l’anxiété de performance montre que plus l’écart est grand entre l’image que le musicien a de lui aujourd’hui et celle du musicien « idéal » qu’il voudrait être, plus l’anxiété augmente en contexte de concert.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov

Autrement dit : si « réussir sur scène » est synonyme de « valoir quelque chose en tant que personne », chaque concert devient un examen existentiel. Le trac s’alimente alors non seulement de la peur de rater quelques notes, mais de la peur profonde de ne pas être « assez ».

Une culture de la perfection et de la critique

La formation musicale, surtout classique, repose souvent sur :

  • Une exigence de perfection (idéal du « sans faute »).

  • Des examens, auditions, concours très compétitifs.

  • Des retours centrés avant tout sur ce qui ne va pas (erreurs, justesse, rythme), parfois avec des formulations humiliantes.

Au fil des années, beaucoup de musiciens associent inconsciemment la scène à :

  • « Je dois prouver ma valeur à chaque note ».

  • « La moindre erreur sera remarquée et jugée ».

  • « Si je me trompe, je serai rejeté(e) ».

Ce conditionnement renforce naturellement le trac, surtout dans les moments à fort enjeu (concerts importants, concours, solos exposés).

Des conditions de travail à haut risque psychique

Le métier de musicien cumule plusieurs facteurs de risque : horaires irréguliers, pression économique, exposition médiatique, voyages, fatigue, instabilité de l’emploi, évaluation constante. Des travaux récents montrent que les artistes et musiciens font partie des professions où les risques de souffrance psychique et d’idéation suicidaire sont particulièrement élevés.theguardian.com

Dans ce contexte, le trac n’est pas seulement un malaise ponctuel avant un concert : il peut devenir le symptôme visible d’un déséquilibre plus global (anxiété généralisée, dépression, épuisement), d’où l’importance de le prendre au sérieux.

Ce que disent les études sur le trac des musiciens

Au niveau mondial, les troubles anxieux (toutes formes confondues) concernaient environ 301 millions de personnes en 2019, selon l’Organisation mondiale de la santé.knowledge-action-portal.com Les musiciens s’inscrivent dans ce contexte général, mais avec des spécificités propres à leur activité.

Plusieurs travaux scientifiques montrent par exemple :

  • Entre 15 % et 25 % des musiciens seraient touchés par une anxiété de performance musicale suffisamment importante pour justifier un accompagnement spécifique.frontiersin.org

  • Une étude menée sur 230 musiciens brésiliens retrouvait des indicateurs d’anxiété de performance chez 24 % d’entre eux, avec également des signes de dépression et d’anxiété sociale.pubmed.ncbi.nlm.nih.gov

  • D’autres recherches rapportent des estimations encore plus larges, allant de 16 % à 60 % de musiciens présentant une anxiété de performance handicapante.ovid.com

Ces chiffres varient selon les outils utilisés, le pays, le style musical et le niveau (étudiants, amateurs, pros). Mais un point est clair : le trac important n’est pas rare, il est même courant.

Facteurs fréquents du trac chez les musiciens

Facteur

Comment il se manifeste

Impact possible sur le musicien

Perfectionnisme élevé

Fixation sur la moindre erreur, auto‑critique permanente

Démotivation, trac massif à chaque concert, difficulté à prendre du plaisir

Expériences passées négatives

Souvenir d’un concert « raté », critiques humiliantes, rires du public

Conditionnement : scène = danger, montée d’angoisse rien qu’en y pensant

Enjeux professionnels forts

Concours, auditions, tournées, présence de programmateurs ou critiques

Anxiété anticipatoire, insomnie, symptômes physiques envahissants

Vulnérabilité anxieuse générale

Tendance à l’inquiétude, ruminations, antécédents d’anxiété ou de dépression

Risque accru d’anxiété de performance sévère et durable

Manque de préparation adaptée

Travail très technique mais peu de mises en situation « comme en concert »

Surprise devant l’intensité du trac en condition réelle, perte de moyens

Quand le trac devient un problème

Un certain niveau de nervosité avant d’entrer en scène est normal, voire utile : il réveille l’attention, mobilise l’énergie. De nombreux musiciens disent d’ailleurs : « Si je n’ai plus du tout le trac, je m’inquiète ».

Le trac devient problématique lorsqu’il :

  • Vous pousse à éviter systématiquement certaines situations (solos, auditions, concerts filmés).

  • Provoque des symptômes physiques très intenses (nausées, panique, impression de s’évanouir).

  • Entraîne des trous de mémoire répétés malgré un travail sérieux.

  • Fait naître une souffrance durable (perte de confiance, envie d’arrêter la musique).

Dans certains cas, cette anxiété de performance peut s’inscrire dans un trouble anxieux plus large (notamment un trouble d’anxiété sociale).mdpi.com Un avis médical ou psychologique est alors recommandé, l’hypnose pouvant venir en complément de cette prise en charge.

Pourquoi le trac résiste‑t‑il souvent à la « simple volonté » ?

Beaucoup de musiciens ont essayé de « se raisonner » : se répéter que « ce n’est pas si grave », se persuader que « ça va bien se passer ». Pourtant, au moment d’entrer en scène, le corps s’emballe comme si rien n’avait changé.

C’est normal : le trac est en grande partie automatique, porté par des circuits émotionnels et corporels profonds, souvent alimentés par des expériences passées (concert raté, remarques blessantes, humiliations en cours, etc.). Ces circuits ne se transforment pas uniquement avec des arguments rationnels.

Pour changer durablement, il est souvent nécessaire de travailler au niveau où le problème se joue : dans le lien entre mémoire, émotions, sensations corporelles et croyances profondes. C’est précisément là que l’hypnose spécialisée pour musiciens peut être pertinente.

Comment l’hypnose peut aider un musicien à apprivoiser le trac

L’hypnose (clinique) est un état de conscience naturel, entre veille et sommeil, qui permet d’accéder plus facilement à l’imaginaire, aux émotions et aux automatismes. Elle n’a rien de magique : c’est un outil, au service d’un travail thérapeutique ciblé.

Dans le cadre du trac chez le musicien, un accompagnement en hypnose peut par exemple permettre de :

  • Apaiser le système nerveux : apprendre au corps à rester plus stable et ancré en contexte de performance.

  • Reprogrammer certaines associations : transformer « scène = danger » en « scène = espace exigeant mais gérable ».

  • Travailler sur des souvenirs douloureux liés à la musique (concert humiliant, prof violent, critiques destructrices).

  • Renforcer l’image de soi artistique : se reconnecter à ce qui fait sens dans la pratique musicale, au‑delà du jugement des autres.

  • Préparer mentalement des situations clés : auditions, enregistrements, concours, tournées, etc.

Ce type de travail gagne à être mené avec un professionnel qui connaît bien les réalités des musiciens, des artistes et des intermittents du spectacle. C’est précisément la spécialité de HYPNOSE DU MUSICIEN, qui propose un accompagnement en hypnose pensé pour les besoins spécifiques des musiciens et artistes de scène. Pour découvrir l’approche et les services proposés, vous pouvez visiter le site Hypnose du Musicien.

Important : l’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsque celui‑ci est nécessaire, elle s’y ajoute comme un outil complémentaire, centré sur l’expérience de la scène et la gestion du trac.

Conseils concrets pour apaiser le trac (en complément d’un accompagnement)

Sans faire de vous un « auto‑hypnotiseur », quelques ajustements peuvent déjà aider à réduire l’intensité du trac au quotidien :

  • Préparer comme en situation réelle : répéter dans des conditions proches du concert (lumière, tenue, déplacements, enchaînements).

  • Travailler l’avant‑scène : définir une petite routine avant de jouer (respiration lente, étirements, visualisation simple d’un début de concert calme).

  • Soigner le corps : sommeil, alimentation, hydratation, pauses régulières pendant le travail instrumental.

  • Parler de votre trac : avec des collègues de confiance, un professeur bienveillant, un thérapeute formé.

  • Éviter les stratégies à court terme risquées : alcool, médicaments sans suivi médical, compléments douteux.

Si malgré ces ajustements le trac reste très fort ou s’aggrave, c’est un signal qu’un accompagnement plus approfondi (dont l’hypnose peut faire partie) serait utile.

Questions fréquentes sur le trac des musiciens

Est‑il normal qu’un musicien professionnel ait encore le trac ?

Oui, c’est même très fréquent. De nombreux musiciens confirmés, parfois mondialement connus, décrivent un trac persistant tout au long de leur carrière. Les études montrent que l’anxiété de performance peut toucher autant les professionnels que les amateurs ; l’expérience ne suffit donc pas toujours à faire disparaître le trac, surtout quand l’identité artistique est très impliquée et que les enjeux restent élevés.frontiersin.org L’objectif réaliste n’est pas forcément de ne plus jamais avoir le trac, mais de le rendre gérable, voire utile, pour qu’il ne sabote plus votre plaisir ni votre jeu.

Quelle différence entre le « bon trac » et l’anxiété de performance musicale ?

On parle souvent de « bon trac » pour désigner cette activation légère avant de jouer : un peu de tension, de vigilance, qui vous rend plus concentré et présent. L’anxiété de performance musicale, elle, se caractérise par une peur intense, persistante, disproportionnée par rapport à la situation, accompagnée de symptômes physiques et mentaux qui altèrent vraiment la performance (trous de mémoire, gestes incontrôlés, envie de fuir).frontiersin.org Si vous commencez à éviter certaines dates ou que la musique perd son sens à cause de la peur, il est pertinent de chercher de l’aide.

L’hypnose peut‑elle vraiment m’aider à ne plus avoir peur de la scène ?

L’hypnose ne fait pas « disparaître » le trac comme par magie, mais elle peut transformer en profondeur la façon dont vous le vivez. En travaillant sur les souvenirs, les croyances et les réactions corporelles automatiques, elle aide souvent à réduire l’intensité de l’angoisse et à renforcer le sentiment de sécurité intérieure. De nombreux musiciens rapportent qu’ils continuent à sentir une certaine activation avant un concert, mais qu’elle devient supportable, parfois même motivante. Les résultats varient selon chacun ; c’est pourquoi un accompagnement sur mesure, comme celui proposé par HYPNOSE DU MUSICIEN, est particulièrement adapté.

Le trac des musiciens est‑il un « vrai » trouble anxieux ?

Pas toujours. Beaucoup de musiciens ressentent un trac important sans pour autant présenter un trouble anxieux au sens psychiatrique du terme. Cependant, dans les cas sévères et durables, l’anxiété de performance peut rejoindre ce que les classifications appellent une forme spécifique d’anxiété sociale, centrée sur la performance.mdpi.com À l’échelle mondiale, les troubles anxieux touchent environ 4 % de la population.knowledge-action-portal.com Si vous souffrez aussi d’anxiété en dehors de la musique (rencontres, travail, études), un avis médical ou psychologique est particulièrement recommandé.

Combien de temps faut‑il pour sentir un changement avec l’hypnose ?

Il n’existe pas de durée standard, car cela dépend de nombreux facteurs : ancienneté du problème, intensité du trac, contexte de vie, autres difficultés éventuelles (dépression, burn‑out, etc.), régularité des séances. Certains musiciens ressentent un mieux dès les premières rencontres, par exemple une entrée sur scène un peu plus calme ou moins de ruminations après le concert. Pour d’autres, le changement est plus progressif, au fil d’un travail qui touche en profondeur la relation à la musique et à soi. L’essentiel est de construire un accompagnement réaliste et ajusté à votre parcours.

Et maintenant ? Apprivoiser votre trac de musicien

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, retenez surtout ceci : vous n’êtes ni seul, ni « anormal » à vivre un trac intense. C’est un phénomène fréquent et compréhensible, mais il n’est pas une fatalité. Avec un accompagnement adapté, il est possible de retrouver une relation plus paisible à la scène, à votre instrument et à votre public.

Si vous souhaitez explorer comment l’hypnose peut vous aider, en tenant compte de votre réalité de musicien, d’artiste ou d’intermittent du spectacle, vous pouvez vous renseigner et prendre contact via le site www.hypnosedumusicien.com. Un premier échange permettra de clarifier votre situation, vos besoins et la manière la plus pertinente de travailler sur votre trac.

 
 

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