PERDRE, C'EST GAGNER
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Eric Julien, célèbre géographe et spécialiste d'un peuple ancestral d'Amérique du Sud que l'on nomme Les Kogis rapportait cette vision de l’argent chez ces derniers : "Selon eux, si l’on a de l’argent, en cas de conflit avec quelqu’un, on paie un avocat pour régler cette problématique. Cela signifie donc qu'avoir de l'argent à cet instant-là empêche de rencontrer l’Autre - donc soi - pour grandir intérieurement, s’enrichir spirituellement, se libérer de conditionnements et apprendre de cette situation. On s'appauvrit en croyant aller plus vite, plus efficacement. On passe à côté d'une valeur existentielle."
Ce n'est pas un scoop. "Avoir plus", qu'il s'agisse de facilité, d'objet matériel ou même de réussite, ne rend pas nécessairement heureux sur le long terme.
Or cela est souvent mal compris, repris sous des airs moralisateurs, voire oppressants.
Et ce n'est pas de cela dont il est question ici.
Un coach sportif à qui l'on demandait ce qu'est le succès, selon lui, rétorqua : "être heureux".
Mais qu'est-ce qui rend heureux ?
La performance ?
Le gain ?
Combien de fois avons-nous commencé une phrase par "une fois que... alors je..." Aujourd'hui je n'utilise plus ce genre de phrase depuis longtemps ! Mais il fut un temps où je jouais volontier à ce trompe l'oeil du mental.
Puis j'ai réalisé que la joie est inconditionnelle. Elle n'a besoin de rien pour Être.
Elle n'est pas la destination.
Elle est l'origine.
Pour autant, le bonheur et le succès sont favorisés lorsqu'il y a une cohérence dans notre vie. Lorsque cette cohérence existe entre nos émotions, nos actes et nos pensées, l'énergie est plus fluide, donc agréable et créatrice.
Pour reprendre les mots du docteur en neuroscience Joe Dispenza, là où va notre attention va notre énergie. Si notre attention coïncide avec notre vrai désir, autant dire que c'est un moteur de Ferrari !

Alors me direz-vous, comment être "cohérent" ?
Comment accorder la justesse de son propre diapason pour conduire son bolide ?
Souvent nous croyons vouloir quelque chose... Or, l'obtenant, nous réalisons que ce n'était pas vraiment cela qui nous animait. D'autres fois nous ne l'obtenons pas et nous continuons de nous attacher à ce "regret".
Avez-vous déjà réfléchi à ce que vous auriez fait différemment dans votre vie si vous aviez eu, comme dans l'exemple de ces Kogis, une somme d’argent illimitée à ce moment-là ? Si vous aviez reçu cette récompense ? Si vous aviez scellé ce mariage, signé cette maison ? Si vous aviez obtenu le succès escompté lors de cet événement et ce que cela aurait enclenché ?
Parfois pas tout du suite... mais quelques années après.
Était-ce vraiment ce que vous auriez voulu, au plus profond de vous ?
Ces questions peuvent sembler contre intuitive.
Pourtant, quand elle est honnête, cette introspection devient puissante. Libératrice.
Tant de fois par le passé je me suis entendue débuter une phrase par : « si seulement j’avais… » ! Or si j’avais eu ce que je croyais vouloir à ces instants-là, où en serais-je aujourd’hui ? Un carnage !
Comme pour les Kogis, j'aurais habilement évité de rencontrer certains angles de moi-même, de rencontrer qui je suis...
Car ce que "je suis" est un royaume ! Pas un petit cagibi dont je crois avoir connu tout son contenu et m'en référer à ce petit mètre carré d'existence.
Non, un royaume...
Il y a quelques jours j'entendais le témoignage d'une jeune femme qui avait voulu se marier avec un homme dont pourtant plusieurs signes laissent entrevoir des dissonances importantes. Pourtant la possibilité du mariage s'était présentée, la cérémonie avait eu lieu et... trois mois après il était parti sans rien dire pour aller se marier avec une autre femme enceinte de lui à des kilomètres de là ! Voulait-elle réellement s'unir à lui ou voulait-elle un justificatif de mariage en bon et dû forme ? Consciente de cela plusieurs années après - et c'est pourquoi je prends cette histoire en exemple - elle riait de réaliser combien elle avait pu en réalité se séparer d'elle-même avant de s'être séparée de ce partenaire pour trahie son véritable souhait de vie.
Je me rappelle moi-même, il y a quelques années, tandis que je croyais vouloir repartir sur les bancs de fac. L’inscription n’avait tout simplement pas marché, à quelques minutes près. Rageant ! Mon dieu combien je me rends compte du bonheur à ne pas m’être enlisée sur ce chemin ! Je ne voulais pas de cette approche académique. Qu'allais-je faire là sinon rassurer un petit ego en quête de diplôme en carton ? (et je ne parle que pour moi bien sûr, totalement réjouie pour ceux qui choisissent ce chemin).
Pourtant j'avais été si affectée de croire avoir "raté" cette inscription, cette opportunité... J'avais vu mon mental récupérer l'histoire sur le thème de "incapable ! Nulle ! Stupide !". De même il m'était arrivé des années plus tôt de postuler ici ou là sans retour... Je croyais qu’une réponse positive était la panacée. Peu importe pour quoi ni comment. Juste une validation. Or c’était l’inverse ! Le temps et la liberté que je n'aurais pas eu en enclenchant ce genre de parcours m'auraient coûtés d'avantage que l'insatisfaction du moment. Insatisfaction illusoire.
Je croyais vouloir une glace à la fraise alors que mon être tout entier espérait une glace au chocolat !
C'est à cet instant que la frustration est une bonne chose. Accepter de ne pas recevoir la glace à la fraise et laisser aller tout ce que j'ai pu me raconter sur elle... Puis récupérer toute mon énergie pour embrasser mon véritable désir : la glace au chocolat !
(oui, nous sommes en été et j'aime les glaces !)
Parfois je m’amuse à aller au bout de cette folie du monde moderne, celui de la consommation, de l'"avoir". Simple jeu de l'esprit. J’imagine que je puisse obtenir tout ce que JE CROIS vouloir. Et je laisse le film se dérouler… Une déflagration ! Le chaos ! Même en imaginant la villa cinq étoiles, la piscine et le transat, la paix au bout du compte n’est jamais là. Parce qu'elle n'a rien à voir avec cela ! En revanche, devoir tout remballer et rectifier... vivre l'amertume de cette énorme tromperie à soi-même... Mieux vaut s'économiser tout ce gaspillage et se rendre compte de la perfection du moment.
Si quelque obtention extérieure assurait la paix intérieure, cela se saurait.
Au contraire, les maisons luxueuses recèlent d’alarmes et de peurs non dissimulées.

Lorsque l’on prend conscience de cela, c’est un véritablement "shift" intérieur. C’est réaliser que tout ce que je croyais avoir "perdu", c’était une illusion.
Les sages vous diraient qu’il est impossible de perdre ce qui est réel.
Ce qui est vrai.
Car ce qui est vrai, est permanent. Immuable.
Impossible que la vérité se perde.
L’illusion en revanche, oui.
Les ombres chinoises vont et vienne sur le mur qui, lui, demeure. Notre impression de jour et de nuit peut changer, le soleil et la lune, eux, restent qui ils sont.
Alors lorsque je crois avoir perdu ma confiance, ma dignité, ma joie… c’est qu’il ne s’agissait pas vraiment de cela. Juste des costumes, des apparences. Si je m’identifie à "être digne", c’est que je sous-entends que je puisse être indigne. Si je réalise au contraire que je ne suis ni l’un ni l’autre ou que je suis tout cela et bien plus - ce qui précède toute idée - alors les humeurs peuvent aller et venir. Rien de vrai ne sera jamais instable. Seule l’illusion se perd et c’est tant mieux. Elle fait de la place !
Alors coïncider avec le vrai, c’est vivre plus facilement, plus légèrement.
La vérité est un moindre effort.
L’illusion demande énormément de travail !

Et vous ?
Et s'il vous était possible de revisiter ce vous croyez "raté", "perdu", "échoué" ?
Et si vous réalisiez ce que vous aviez gagné vraiment à travers cela ?
Peut-être même ce qui aurait été raté, pour le coup, si vous aviez refusé de perdre ?
Par moment bien sûr nous pouvons rater une note, une interprétation... mais ce ratage là, quand on se sent aligné sur le bon chemin, n'a absolument pas le même goût que celui d'un ratage quand on s'est éloigné du sens. Si tout ce que je veux, c'est réussir à avoir une bonne note, le ratage sera amer. Si je sais que ce que je veux c'est apprendre cette connaissance, m'améliorer, me connaitre d'avantage, vivre, etc... le ratage comme la réussite ne seront que des étapes de compréhension. Rien d'autre.
Conscient de cela, demandez-vous de quoi pourriez-vous avoir peur alors, lorsque vous pensez au prochain défi que vous souhaitez relever ? Qu’il s’agisse de créer quelque chose, de vous sentir bien sur scène, de lâcher d'anciens paradigmes…
Vous avez absolument tout ce qu’il vous faut ! Technique, confiance, capacité… Et si vous aviez plus, comme ces Kogis le racontent avec l’histoire de l’argent et de l’avocat, regardez ce que cela vous empêcherait, en réalité, de réaliser. De rencontrer. De transcender. Donc d'opportunité à vous rappeler que vous êtes libre.
Fort de ce constat, comment vous sentez-vous ?
Pour moi, la joie est un guide !
Elle n'est pas une destination.
Et c'est avec joie que je vous accueille pour déployer votre rayonnement artistique, pour votre joie à vous, lors de mes accompagnements en individuel ou en stage cet été (il reste quelques places pour le WE du 28 au 30 août).
Vous souhaitant toute l'inspiration de qui vous êtes !
Hélène Tysman
pour l'Hypnose du Musicien©




