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SE PRÉPARER POUR L'IMPRÉVU

  • il y a 7 jours
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours


Sur scène comme dans la vie, il serait impossible (et si peu souhaitable) de pouvoir tout préparer. Dans ma vie de pianiste, j’ose le dire, il m’est arrivée de monter sur scène alors que je venais de rompre, de subir un IVG ou encore d’apprendre le décès d’un proche. Un musicien a sa vie, ses humeurs, ses mariages et ses divorces en même temps qu’il vit un monde parallèle – sur scène. Plus banalement ce sont parfois juste des trains retardés, une scène ou une acoustique peu agréable, un public qui tousse ou une organisation défaillante qui suffisent à assombrir l'humeur. Une engueulade la veille, un souci financier... Le soir venu, le musicien marche dans les feux de la rampe, visage illuminé et cœur battant. Cœur battu, parfois. Est-il possible de prévoir les aventures de la vie ? Heureusement non. N’existe-t-il pour autant aucune autre alternative que d’être anéanti et de ne plus savoir comment respirer ? Non plus.


Alors comment retrouver sa lumière quand on croit plus fermement au nuage qui passe qu'au ciel qui demeure ? Comment rester bien dans ses bottes, peu importe la météo extérieure ?


Si j’avais eu la connaissance d’aujourd’hui lors de ces moments difficiles, cela aurait été bien différent. Et c’est ce que je vis maintenant ! Je le savoure d’autant plus en le partageant à ceux que j’accompagne. 


L’écueil de certains musiciens virtuoses, disciplinés, obstinés, c’est de croire un instant pouvoir tout contrôler. Vouloir tout contrôler ! Et croire que si quelque chose échappe à ce contrôle, ce sera dangereux. Ce même musicien oublie combien il est agile à virevolter dans l’imprévu de ses interprétations, à écouter l’inspiration du moment, à aimer être surpris… Il oublie aussi combien contrôler l’extérieur n’a tout simplement aucun sens. 


Lors de mes accompagnements, on réapprend à trouver sa sécurité en soi, quelques soient les circonstances.





L’exemple le plus fort de ces derniers mois (et je le remercie pour me permettre d'en parler, autant que je lui voue mon admiration) a été ce violoncelliste de haut vol. Arrivé au grand concours international Reine Elizabeth, après des mois de préparation et d'investissement, il a découvert quelques jours avant son premier tour que son instrument s'était cassé par l’excès d’humidité et de chaleur. Que faire ? Abandonner si près du but ? Il a bien essayé tous les luthiers, sans réelle solution. Mais le virtuose obstiné en lui devait passer cette épreuve. Nous avions travaillé à lâcher certaines crispations, à retrouver une sécurisation intérieure. Et cette étape était son véritable baptême du feu. À ce stade, quelque chose vraiment lui « échappait ». Il avait toutes les cartes en main pour choisir comment vivre cela. S’il s’était laissé submergé par le stress, il n’aurait plus eu qu’à se retirer du concours. La pression qu'il tenait en lui s’était glissée jusque dans les cordes de son instrument pour exploser ! Enfin ! Quelque chose de nouveau pouvait surgir et il était prêt. Soudain, il est devenu plus calme, plus sage. Il n'avait d'autre choix que de trouver ces ressources en lui, à l'intérieur. Je l’ai accompagné à revenir à l’instant présent. Présent à lui, à ce qui est. Au sens véritable de l’artiste qu’il est. Et de lui rappeler qu’un prix de concours, c’est un micro événement. Mais transcender une telle situation, c’est une pépite qui restera à vie. Plus à l’aise, il a su dérouler les actions justes et a trouvé quelques conseils de collègues pour ramener son violoncelle à la vie. Il s’est élancé sur son premier tour comme s’il avait déjà vécu le plus difficile. Tout le reste ne serait plus que du bonus. Des détails de curriculum vitae. Résultat ? Il est arrivé en final, lauréat de cet immense concours international ! Mais surtout il s'est détaché des enjeux, libre et heureux de poursuivre son vrai chemin de musicien. 





En définitive, la préparation mentale, c’est avoir suffisamment de connaissance de soi, de compréhension des mécanismes de son système nerveux, de ses croyances limitantes et d’entraînement à reconnaître où poser son attention, pour que le jour où rien n’est comme prévu, il soit possible de rester présent à soi. En son centre. Les mouvements émotionnels, comme des pluies ou des tempêtes, ne sont plus des ennemis mais des rencontres. Avec soi. Des explosions de barrages, des libérations, pour ouvrir plus grand encore son souffle, son potentiel. La vie ! 


Aujourd’hui si je vous parle de ça, c’est pour vous transmettre un outil qui pourrait vous être précieux dans ce genre de circonstances.  Au fil de mes accompagnements, qu’il s’agisse de séances en hypnose thérapeutique ou en préparation mentale, j’ai compris qu’il y avait toujours trois phases.  


Trois questions pratiques et essentielles. 

Trois mouvements d’une même symphonie.

Impossible d’en changer l’ordre. Impossible d’enlever une de ces questions. 


Ces trois questions sont pour moi l'indispensable rouage du quotidien comme de situations exceptionnelles. Elles sont la parfaite boîte à outils pour être autonome dans son cheminement. Je les ai inventées à partir de mes expériences et de mes compréhensions comme une synthèse du mouvement que prend tout processus d’évolution.


Et c'est ce que je m'apprête à vous transmettre pour qu'à votre tour, si elles vous sont utiles, vous puissiez les avoir dans votre poche.





QUESTION N°1 : « Comment ça fait ? »


Retour à la sensation, accueil de ce que je ressens, émotion, sensation…Est-ce que ça crispe, est-ce que ça bloque, est-ce que ça coince ? Ou au contraire est-ce que ça ouvre, ça circule, ça respire ?


Sans chercher à entrer en résistance avec ce qui se passe, sans vouloir trouver une solution ou chercher à les transformer, c’est au contraire une proposition d ‘écouter, sans juger, ce qui me traverse. Avec cette question, vous pourriez rajouter : « …et cela ne dit rien de qui je suis ». Ce n’est pas parce qu’il y a une contraction dans mon plexus que cela signifie quoique ce soir sur moi (par exemple que je serais une mauvaise personne ou une triste personne ou une stupide personne etc…). Ce n’est qu’une sensation qui révèle peut-être certaines croyances inconscientes mais pas qui je suis. Plus je résiste à cette sensation, plus elle existe et va se frayer un chemin sous d’autres formes, devenant peu à peu une mécanique de pensée subconsciente. Si elle n’est pas accueillie, elle se représentera en m’indiquant des chemins « interdits » et créera ce qu’on appelle des « croyances limitantes ». Bref elle deviendra importante alors qu’elle peut aussi ne pas l’être.


Accueillir les sensations dans le corps avant même d’y poser le mot « peur » ou « tristesse », avant même de croire que je ne devrais pas ressentir cela, c’est ouvrir chaque fois plus grand le champ des possibles. Cela peut sembler inconfortable voire contre-intuitif sur le moment mais c’est oublier qu’une sensation dure entre 2 secondes et 2 minutes. Si cela semble persister, c’est que le mental s’en empare. Qu’il s’en saisit pour croire à une histoire.


N’oublions pas que nous n’avons pas été éduqués pour la plupart d’entre nous à l’école ou dans nos familles, à écouter nos ressentis, nos besoins ou nos émotions. Et si cela commence lentement à bouger, les injonctions du type « arrête de pleurer ! », « Ne crie pas ! », ou « Sois sage ! » continuent de polluer notre paysage.En bref, se poser la question « comment ça me fait en-dedans ? », « qu’est e que je ressens ? », c’est paradoxalement désamorcer la bombe.


Tout le monde a vu ces boxeurs qui, pris sous les coups, n’ont qu’une technique : serrer son adversaire contre soi. L’embrasser ! Et c’est très exactement en embrassant ce qui est que je me protège. Pas en continuant de me recroqueviller ou de lutter contre lui.  



Puis QUESTION N°2 : « Quelle est l’histoire que je me raconte ? »


Une fois la sensation accueillie, tremblements, stress, peur, tristesse ou même résistance à accueillir… je peux m’interroger plus tranquillement et plus honnêtement.


Quelle est cette histoire que je me raconte et qui crée ces sensations, ces réactions, ces émotions ? 


Que je ne suis pas aimée ?

Que je ne suis pas capable ?

Que je suis seul ?

Que je n’ai pas le choix ?

Ou que je suis coupable ? Et raté ? 


En détissant véritablement les nœuds, d’abord physiquement puis psychiquement, je comprends les trompes l’œil. 


« Je ne suis pas aimable ! » Parce que j’ai cru un jour que ma mère ou mon père ne m’aimait pas… puis je réalise qu’il ou elle m’aimait à sa manière, avec ses histoires à lui ou elle, avec ses peurs et ses blessures, et l’exprimait comme c’était juste pour lui ou elle, indépendamment de mes attentes. Alors je dénoue les histoires comme lorsqu’on réalise soudain qu’une perspective n’était qu’un dessin et que sous un autre angle, le précipice ne fait pas peur. Il n’y a pas de précipice ! On peut y mettre soin doigt, marcher dessus. Cela ne nous définit plus. Encore fallait-il oser le regarder bien en face et se poser cette question : « qu’est-ce que je me fais croire ? Quelle est l’histoire que je me raconte ? » 



Alors arrive enfin la QUESTION N°3 : « Quoi d’autre est possible ? »


C’est ici que l’on comprend l’ordre nécessaire de ces trois phases. Commencer par cette question serait bien alléchant mais tout à fait stérile. Ce serait une sorte de volonté de pensée pseudo positive façon mauvais développement personnel… En revanche avoir accueilli ses sensations puis libéré les étiquettes que l’on y accolait et se poser enfin la question : « quoi d’autre est possible », est d’une puissance colossale. C’est au regard de mon expérimentation, sur moi comme auprès de ceux que j’accompagne, que je réalise la puissance de ces trois questions.


Dans cette dernière phase, je pose aussi souvent cette question : « qu’est-ce que tu veux te faire vivre ? ». On oublie ce que l’on désire se faire ressentir, vivre et l’on projette souvent d’abord des faits, des actions, des décors de cinéma. Mais en-dedans, en soi, quelle est la qualité de l’instant que je désire vivre ?


Ce n’est donc pas la situation objective, pas la pluie qui tombe mais ta relation à la pluie qui tombe, ton regard sur cette situation. Quelle est la qualité d’être, la substance de ce que tu choisis de te faire vivre ? Ce n’est que cela que tu vis réellement. D’ailleurs certains ne remarqueraient même pas la pluie et d’autres ne verraient que cela. Existe-t-il vraiment une réalité objective ? Nous voyons les couleurs chacun sous des spectres différents. Et même si nous nous accordons sur certaines bases, nous avons en réalité chacun des filtres bien présents dans notre manière de voir le monde. Un violoncelle détraqué à la veille d’un grand concours, c’est bien sûr une source de stress d’abord. Mais ensuite, les faits étant ce qu’ils sont, quoi d’autre est possible à vivre ? L’instant présent ? L’action juste, avec ce qui est ? La connexion à un sentiment plus grand, à d’avantage de sens et de profondeur ? Ouvrir ce champ infini de conscience grâce à la question : « quoi d’autre est possible ? » (Quoi d’autre puis-je voir, penser, faire donc ressentir), c’est ne plus tourner en rond depuis un endroit sans issue. Et c’est se questionner avec un présupposé essentiel : je suis bien plus que ce que je crois que je suis.


C’est permettre d’éclairer des angles morts.

De ressentir véritablement ce que veut dire le mot « libre ».


Il n’est pas nécessaire d’avoir une réponse à cette question ni des réponses très précises à chacune de ces trois phases. Mais y poser son attention, c’est permettre une ouverture, une libération, un champ plus large que les petites bordures auxquelles nous nous arrêtions. Et c’est cela la pépite ! D’ailleurs à ce stade généralement c’est un sentiment de gratitude qui surgit pour la situation de départ sans lesquelles nous n’aurions pas cheminé jusqu’à la question : « quoi d’autre est possible ? » 





En définitive, ces 3 questions :


1. COMMENT ÇA FAIT ?

2. QUELLE EST L'HISTOIRE QUE JE ME RACONTE ?

3. QUOI D'AUTRE EST POSSIBLE ?


peuvent changer votre quotidien et vous permettre d’appréhender différemment toute situation présente, passée ou à venir. 


Et si vous souhaitez approfondir ou ressentez le besoin d’un accompagnement pour aller plus loin dans la libération de certains blocages, n’hésitez pas à me contacter pour en discuter. 


Vous souhaitant une rentrée de septembre dans la joie qui est la vôtre !

Dans la musique de votre âme et dans l’inspiration de votre Être.


De tout cœur,

Hélène Tysman

pour L'Hypnose du Musicien©




 
 

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