SE CHOISIR COMME MODÈLE
- 28 avr.
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...ET SI VOUS VOUS PRENIEZ POUR EXEMPLE ? |
En écrivant ce titre, je me rends compte de sa connotation négative. Étonnamment, se prendre pour exemple semble arrogant. Et prendre quelqu'un d'autre pour exemple semble recommandable. Mais dans les faits, est-ce vrai ? Laissez-moi vous faire une proposition. En PNL (Programmation Neuro-Linguistique), il existe un protocole très puissant qui consiste à "modéliser" quelqu'un pour améliorer, faciliter, connecter certaines compétences en soi. Il ne s'agit pas d'admirer cette personne. Mais de véritablement rentrer à l'intérieur de cet hologramme : un violoniste a ainsi pu "modéliser" le pizzicato d'Oistrakh ou de nombreux entrepreneurs modéliser Steve Job. Ce que cela signifie, c'est que cette technique permet (idéalement dans un état décalé de conscience afin d'approfondir l'exercice), d'imaginer à quoi cela ressemble de porter ce genre de vêtements, d'avoir ce genre de comportements et finalement de ressentir ce genre de pensées, de croyances, de priorités intérieures... jusqu'à se les approprier. C'est un travail de visualisation profonde pour ancrer ces sensations comme si elles avaient toujours été là. Pour les incarner. Bien sûr cela peut demander de l'entrainement. Et il ne s'agit pas non plus de tout prendre du modèle. Parfois ce ne sera qu'un détail. Pour ma part, bien avant toute connaissance de l'hypnose et du coaching mental, j'avais naturellement modélisé, sans le savoir, l'aisance du pianiste Yefim Bronfman quand il entre sur scène. Il m'avait suffi de le voir lors d'un concert à Tel Aviv. Ce souvenir était resté fort dans ma mémoire, moins pour son interprétation du 3ème concerto de Rachmaninoff que pour sa manière d'entrer en scène. Je l'ai tellement répété et invoqué en moi-même que j'avais fini par avoir ce code dans les coulisses. Des années après, lorsque je me formais en hypnose et que j'ai appris ce protocole, une alternative m'est apparue : pourquoi pas se modéliser soi-même ? Souvent on ne se rend plus compte, à force de scroller sur les réseaux, combien notre énergie est projetée sur l'autre. Parfois ce peut être inspirant. Mais à forte dose, le plus souvent, c'est un sentiment de comparaison perpétuel. Or ce que l'on voit de l'autre, en réalité, c'est ce qui existe en soi, sans oser l'admettre. Sinon, nous ne le verrions pas. Qu'il s'agisse de qualités refoulées (charisme, virtuosité, confiance) ou de ce que l'on prend pour des défauts et que l'on refuse également d'assumer (fierté, égoïsme, fragilité). L'autre c'est moi, comme dit l'humoriste ! Mais arrêtons-nous sur ce que l'on prend pour des qualités. Celles qu'il est si facile de projeter sur Beyoncé mais si difficile à voir dans son propre miroir... Et si nous utilisions notre activité favorite, celle de scroller pour voir les autres, en la détournant vers nous-même ? ![]() Concrètement : vous est-il déjà arrivé de tomber sur des photos, des vidéos, des écrits de vous du passé et qui vous émerveillent ? Surpris, étonné, c'est souvent la nostalgie qui prend le dessus. "Quand je pense que j'ai pu faire ceci ou être cela..." Mais en visualisation, le temps n'existe pas ! Ce n'est pas un passé que vous voyez, c'est une version de vous. Alors, pourquoi pas ne pas la modéliser ? Plus rapide que tout, entrez dans celui/celle que vous voyez à travers ces photos, à travers ces souvenirs, et observez comment vous pensez, comment vous voyez le monde, ce que vous ressentez. La force de cette proposition est qu'au-delà de ce puissant ancrage, vous réalisez que c'est bel et bien de vous-même dont il s'agit. Puis, allons plus loin. Et plus facilement encore ! ![]() Lorsque vous regardez des stories, des posts de vous-même, observez ce que vous en voyez. Je sais bien que la plupart du temps, ce sont les stories des autres que nous allons voir. Mais prenez un temps pour voir les vôtres. Ce peut être des vidéos de concert, des photos, des textes... Et notez ce qui semble si singulier, ce qui vous attire et peut-être aussi ce qui vous dérange. C'est là la graine de votre plein potentiel. Imaginez si Jacques Brel avait voulu ressembler à Charles Aznavour ! Si Glenn Gould avait voulu ressembler à Arthur Rubinstein ! Si Audrey Hepburn avait voulu ressembler à Catherine Deneuve ! Non pas que cela aurait été raté. Juste détourné. Un énorme détour ! Et tellement de complications... Je me rappelle une séance avec une pianiste virtuose qui croyait éprouver des difficultés sur une étude de Chopin qu'elle devait ré-apprendre très vite. Or, chanceuse qu'elle était, elle avait retrouvé une vidéo d'elle bien plus jeune, dévalant cette étude en toute facilité. Il a suffit qu'elle se modélise elle-même pour connecter cette technique qu'elle recherchait. Cela a été assez drôle. Elle aurait pu chercher des versions de Martha Argerich, de Lang Lang ou de qui sais-je... Mais c'est sa propre version qu'elle a pu modéliser avec cette pépite d'amplifier encore plus l'artiste qu'elle est. L'art qui est le sien. Ce n'est pas seulement vos aptitudes extérieures mais peut-être la manière dont vous avez su accepter un ratage, une posture lors d'un échec. J'ai souvent été inspirée par les champions au tennis, notamment Nadal, non pas pour ses victoires mais pour son attitude lors de ses échecs. C'est peut-être là que se situe d'ailleurs véritablement la graine du succès... Et ce peut être cette version de vous que vous pouvez modéliser à tout instant. Souvent l'attitude du musicien est d'écouter ses enregistrements pour en être critique, pour s'améliorer. Soit. Mais il est aussi possible d'aller puiser, en observant ce que l'on fait, ce qu'il y a de particulier, de personnel... Comme lorsque l'on croit, en se comparant aux autres, devoir corriger par du maquillage un détail de son visage et que, voyant une photographie de soi, l'on réalise soudain que c'est précisément ce détail qu'il fallait mettre en valeur ! Il y a en vous un monde et ses règles. Ses innovations, ses singularités. L'artiste a un univers que personne d'autre n'a. Même si vous interprétez des textes que d'autres ont composé, interprété, votre voix, votre regard, vos respirations, sont uniques. Sinon vous ne seriez pas artiste ! Vous seriez banquier, comptable, secrétaire (avec toute mon admiration pour ces métiers qui requièrent d'autres compétences). Alors, pourquoi ne vous prendriez-vous pas vous-même en exemple ? Non pas pour exiger de vous d'être exemplaire mais au contraire, pour voir ce qui, déjà, en vous l'est : unique, naturel. Souvent cela semble si facile que l'on ne le voit plus. Ou qu'on ne l'a jamais encore vraiment vu. Par pudeur. Par peur. Or, pour d'autres, ce détail , cet aspect - ce défaut même ! - est précisément magnétique. Qu'il s'agisse d'une fragilité, d'une énormité, d'une voix cassée façon Charlotte Gainsbourg ou de votre obsession à ranger vos affaire comme un Rafael Nadal... Que ce soit les mimiques d'un Lang Lang qui a su persisté dans sa manière d'être ou cette patineuse championne des derniers JO qui n'a suivi que son élan sur la glace comme en-dehors. En bref, vous êtes le modèle ! Faites de la haute couture et non du prêt-à-porter. Alors vous pourrez vous comparer à vous-même - et non aux autres. Vous inspirer de vous-même - et non d'images Instagram. Car ce que vous traquez chez l'autre... c'est ce qui est en vous. Sur ce, je vous souhaite un merveilleux mois de mai ! ![]() Au plaisir de vous retrouver ! Hélène Tysman pour l'Hypnose du Musicien© |






