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ACCRO AUX BONS RÉSULTATS ?

25 oct.
5 min de lecture

 

Comme toute addiction, nous ne voyons pas toujours que nous sommes en attente d’une louange, d’un compliment. D’une validation extérieure. Que cela soit une bonne note, une médaille, un diplôme ou les mots d’un référent. La quête du bon résultat peut devenir un engrenage.


Un piège !


Il est bien évident que nous voulons obtenir le meilleur résultat, concourir pour le 1er prix ou s’inscrire au marathon pour franchir la ligne d’arrivée. Mais si l’unique satisfaction ne réside plus que dans cette arrivée, il est fort à parier que l’énergie va rapidement retomber. D’abord le résultat, comme l’indique son nom, est ce qui se produit en fin de chaîne. Il est la conséquence d’une suite d’éléments. Il faut donc attendre la fin de l’aventure pour le voir, pour le vivre. Ensuite, ce bout de chaîne n’est, on le voit ici, qu’un élément parmi tous les autres.


Un micro-événement !


Dix ans après, fort est à parier que vous vous rappellerez d’avantage des crevasses, des tempêtes et de toutes les émotions qui vous ont façonné pour devenir qui vous êtes que des résultats décernés par un jury ou un chronomètre.


Certes notre société du « paraître » a plus tendance à montrer le sommet de l’iceberg sans l’immensité de ce qu’il contient. Or, comme un arbre, ce sont ses racines, invisibles à l’œil nu, qui lui permettent de pousser. Elles sont plus importantes que les feuillages.


Un ami me disait récemment cette superbe phrase que je garde pour mes coaching :


« L'ARBRE NE DONNE PAS TOUJOURS DES FRUITS » !


Est-il pour autant moins arbre ?


Parfois le résultat sera là, parfois non.


Lorsque l'hiver arrive, ce n'est pas le temps de la floraison. Mais c'est parce qu'il y aura eu cet hiver qu'il pourra y avoir printemps. Et si même cette année les fruits se sortent pas à l'été, c'est que cette gestation lui est favorable. Il n'y a pas toujours à exiger une compréhension mentale là où se joue la vie, là où les cellules bougent et infiniment d'autres éléments échappent à notre perception.


En réalité, cela n'aura que le sens que nous serons capable de lui donner. 



Focaliser toute satisfaction uniquement dans le résultat, c’est justement s'empêcher d’atteindre ce résultat.


L’affaire du livre écrit par IA récemment est l’exemple type de ce monde. Croire que seul le résultat compte et suffira à se rassurer est un leurre. Le lynchage réservé à son « faux » auteur en est d’ailleurs la terrible et parfaite description. Se priver de tout ce qui constitue l’iceberg dans ses profondeurs, dans ses peurs comme dans ses doutes, c’est passer à côté d’une véritable satisfaction. Bien plus durable. Inconditionnelle. Celle qui ne vient de personne d’autre que de soi-même.


Et cela même n’a pas de prix.


La louange de quelqu’un d’autre, c’est grisant ! Mais c’est compliqué de l’emporter partout avec soi. Parfois cet « autre » donnera des fruits, parfois non… En revanche le sentiment de fierté de soi à soi, c’est quelque chose que l’on emporte à chaque instant de sa vie, peu importe que l’on soit dans le gouffre ou sur un podium.


Parfois c’est un parent comme il y en a tant, par ignorance ou maladresse, qui exprime sa joie dans le résultat de son enfant sans même lui montrer d’intérêt pour le cheminement que ce dernier a vécu pour y arriver. De là les mécaniques inconscientes s’enclenchent : « le monde se fiche pas mal de qui je suis, il ne veut que du résultat... ».


Produire… mais qui est celui ou celle qui produit ?



Lorsqu’une personne vient me consulter pour une addiction, nous savons qu’il va falloir trouver d’autres chemins pour éprouver ce soulagement autrement que par la substance addictive devenue toxique.


La reconnaissance extérieure ou le besoin du bon résultat, c’est la même chose !


À force de n’être plus obnubilé que par cela, la toxicité n’est pas loin. Éternellement insatisfait de tout, ce besoin de louanges s’amplifie à mesure que l’estime de soi fond.


Pas assez de bonnes notes. Jamais assez…


Un jour de trop, le gouffre laisse place au renouveau.


Réaliser que vos petites victoires du quotidien, vos terreurs comme vos chagrins qui vous submergent, vous les traversez comme on traverse un pont : sans certitude de ce qu’il y aura de l’autre côté. Puis recommencer chaque jour… cela est le signe que vous façonnez votre œuvre autant qu’elle vous façonne. Et cela n’a pas de prix. Au dernier instant de votre vie, vous saurez ce que vous avez réellement réalisé, loin des lumières, loin des témoins. Pas un trophée. Les marches dans la nuit, l’expérience du doute. Et au bout, votre foi la plus intacte, le plus indéracinable.


Pour terminer, je veux préciser que je suis ô combien pour cette quête du Graal et la pression qui l’accompagne parfois de manière bénéfique, nécessaire. J’irai même plus loin : c’est bien pour cela que nous avons choisi d’être musiciens, artistes, créateurs, performers. Pour aller au-delà. Or, cet au-delà, je vous assure, il n’est pas dans un point final. Il est chaque jour de votre existence.


Il n’existe pas de « une fois que… ». Il n’y a que des « maintenant ».


Nous ne voyons pas le grimpeur de l’Himalaya dans ses minuscules actions du quotidien, les plus banales. Mais ce tête-à-tête avec lui-même, avec le ciel, avec l’instant, c’est ce qui lui est offert de plus beau et c'est pour cela qu'il vise le Graal. Le reste, ce seront des mises en scène, des sous-titres pour le public. Un mini courant électrique de satisfaction comparé à l’immensité de sa propre évolution intérieure. Son apprentissage à lui, la révélation de qui il est, au-delà des sous-titres...


Je pense à l'auteure Amélie Nothomb qui répète, pleine de bon sens, combien l’amour de l’autre n’est pas un dû. C’est une grâce qui peut advenir – ou non. Je dirais pareil pour ce que nous projetons des résultats dans notre vie. N’être légitime que parce que l’autre nous gratifie d’un sourire, d’une bonne note ou d’un diplôme, c’est plonger dans les enfers ! À l'inverse, se sentir digne parce que, oui aujourd'hui, on a piétiné mais qu’on a essayé et il a fallu refaire, abandonner, recommencer… cela est le paradis. Parce que l’enfer, c’est quand je n’ai plus aucun pouvoir et que je remets toute ma puissance en l’autre. Le paradis, c’est lorsque je prends conscience de là où je peux exprimer ma puissance et reconnaître mon plein pouvoir.


Le philosophe Gilles Deleuze en parlait à propos du peintre trouvant sa couleur. Le véritable sentiment de puissance, c’est celui-là : trouver sa couleur !  Pas recevoir un prix pour le tableau.


Il est donc indispensable de reconnaître là où j’ai du pouvoir (ma couleur) et là où je n’en ai pas (l’attribution du prix) afin de ne pas mélanger l'un et l'autre et vivre pleinement qui je suis !


Et pour vous inspirer dans votre travail, si vous êtes instrumentiste préparant un concours d'orchestre, je vous propose un week-end en présentiel près de Paris (Sens) avec le violoniste Christophe Quatremer pour vous perfectionner et vous épanouir dans votre projet : infos.

 

Vous souhaitant une très belle semaine !

À votre cheminement et votre glorieux quotidien !


Hélène Tysman

pour l'Hypnose du Musicien©



 
 

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